Article by Jean-Pierre Plessix

The Social and Architectural Restoration of Galt’s Old Post Office

1963–1965
Le projet d’une école spécialisée en fabrication de meubles en série prend forme au cours de plusieurs rencontres d’industriels de la région à partir du 25 Mai 1963.

Après avoir déposé un rapport décrivant les besoins d’une telle formation auprès du ministère de l’éducation et sous l’oeil vigilent du Directeur Fondateur, Monsieur Paul-André Dufresne, un programme pédagogique est rédigé, des locaux sont trouvés et les premiers étudiants recrutés. Le 20 septembre 1965 le premier groupe constitué de 20 élèves, débute le premier cours de : Technique du Meuble et du Bois ouvré à l’école Albert Morissette de Victoriaville, huit Professeurs assurent l’enseignement de ces premiers étudiants.

1965–1975
En 1966 grâce à l’aménagement d’une usine désaffectée « Déry Cabinet, » le premier cours pratiques d’opérateur de machines à bois débute qui permet de former 53 élèves à une mini production de meuble en série suite à une demande croissante de main d’oeuvre qualifiée. Les industriels du meuble de la région font pression, le gouvernement accorde alors, une École pour apprendre à y fabriquer du meuble. L’École du Meuble et du Bois Ouvré est fondée. En 1967, les industriels du meuble de l’époque se montrèrent très opératifs pour la machinerie et le matériel afin de bâtir une école qui leur assureraient une main d’oeuvre bien formée et peu coûteuse.

En 1968 pour répondre à une forte pénurie de main d’oeuvre, l’école du meuble et du bois ouvré, ouvre une usine école d’une superficie de 100 000 pieds carrés, dotée d’un équipement ultramoderne, de plus un cours de rembourrage industriel y est offert. Le Cégep de Victoriaville fut fondé en 1969. La présence de l’école du meuble à Victoriaville fut un facteur déterminant dans la création du Collège. L’implantation d’un Cégep à Victoriaville a vite constitué un pôle d’attraction majeur et reste encore aujourd’hui un fleuron de la région !

1975–1985
Le 5 Avril 1976 l’école engage pour la première fois un de ses anciens élèves comme professeur, Jacques Blanchette. En 1977, l’École du Meuble et du Bois Ouvré s’ouvre à l’international pour un projet de construction d’école en Colombie. Pour marquer ce phénomène d’internationalisation on ajoute la lettre « Q » au nom de l’école qui devient alors : L’École Québécoise du Meuble et du Bois Ouvré. Les compétences de L’ÉQMBO sont de plus en plus reconnues et l’emmène à devenir en 1984 un centre spécialisé où l’on offre de l’aide technique aux entreprises. Les fabricants de meubles de la région sont fiers de compter parmi leurs employés une main d’oeuvre qualifiée ayant reçu une formation adaptée à une production de qualité sur des équipements ultramodernes, à la fine pointe de la technologie, les élèves formés de façon industrielle répondent exactement aux besoins des entreprises industrielles de la région. Cependant le temps passe, le monde change, les années 80 sont difficiles pour l’industrie du meuble qui perd progressivement du terrain partout au Canada sapant la marge de profit des entreprises, l’inflation galopante entraîne une hausse des prix, une chute des ventes et une grande réduction de la productivité. Cette situation entraîne la fermeture de plusieurs entreprises.

1985–1995
En 1987 Monsieur Yvon Dionne, ancien professeur de dessin industriel d’architecture, alors conseiller pédagogique à l’éducation aux adultes depuis 1976, est promu, Directeur de l’École Québécoise du Meuble et du Bois Ouvré. Au début des années 90 l’école voit le nombre des étudiants diminuer régulièrement. Voyant cette situation s’aggraver, Monsieur Dionne, décide de réagir énergiquement. S’inspirant des méthodes d’ébénisterie traditionnelle européenne il décide de prendre une nouvelle direction inattendue et très controversée par une école à vocation industrielle, à savoir : l’Ébénisterie sur mesure traditionnelle, utilisant cependant un parc machine moderne. En 1992 le premier atelier de fabrication sur mesures d’ébénisterie très bien équipé est installé au B113 appelé : « Départ. » L’idée visionnaire de Monsieur Dionne s’avère être un franc succès ! Voyant le nombre de ses élèves croître d’année en année l’école ouvre d’autres ateliers à tel point qu’en 1995 elle est alors équipée de quatre ateliers d’ébénisterie sur mesure et 200 étudiants.

1995–2005
La progression continue et la renommée de l’École du meuble ne cesse de croître : le nombre des étudiants dépasse les 250, et l’école compte alors six ateliers d’ébénisterie sur mesure. Dans cette période le nombre de professeurs monte à 42, les formations de ces derniers sont multiples grâce à cette forte concentration de connaissance, les étudiants sont heureux de pouvoir suivre un cours d’ébénisterie de haut niveau ou une multitude de cours s’ouvrent à eux tant au DEC qu’au DEP.

Ils n’apprennent pas seulement à faire des meubles mais aussi à les concevoir dans un cours de dessin traditionnels à la planche dessin ou assisté par ordinateur. Dans le cours de bois et matériaux connexe les étudiants découvrent la matière ligneuse sous toutes ses coutures, les bois indigènes, les bois tropicaux, les propriétés mécaniques du bois, les différentes façons de débiter le bois, le séchage industriel moderne, le séchage traditionnel à l’air ; comment le bois est transformé pour à faire un matériau plus adapté à ce que l’on appelle les dérivés du bois ; ses défauts ses qualités ; quelles sont les essences à utiliser à l’intérieur ou à l’extérieur.

Le cours de sculpture leur permet d’apprendre à enjoliver le mobilier. Ils y voient aussi les techniques de placage et de marqueterie. Dans le cours de restauration ils pratiquent la réparation. Par des greffes sur les meubles anciens, ils font connaissance et utilisent des produits d’antan comme les teintes, les colles animales, les vernis au pinceau et au tampon ; ils peuvent même faire de la finition traditionnelle. Le cours de boiserie ornementale leur permet d’apprendre à concevoir des lambris pour couvrir les murs ou faire des cloisons, à tailler et à poser des moulures, des plinthes, des corniches (ogee), et des cimaises. Il y a même un cours sur les escaliers balancés traditionnels à la française où ils apprennent à relever les mesures sur le chantier, faire l’Épure de l’escalier (plan), tracer, découper et entailler toutes les composantes de l’escalier et enfin l’installer !

Le cours de techniques industrielles qui se donnait dans le début de l’école où les étudiants étaient formés de manière à répondre exactement aux besoins des entreprises environnantes a disparu pour laisser la place à la conception et à la fabrication sur mesure. Monsieur Dionne avait vu clair. Sans son intervention, l’école du meuble n’aurait pas survécu aux différentes périodes de crises du meuble.

2005–2015
La concurrence internationale est féroce et la fabrication de meuble industriel a quitté en grande partie le Canada. Pourtant les PME locales sont toujours en demande de main d’oeuvre qualifiée dans différents domaines, mobilier, menuiserie architecturale, porte et fenêtre pour une fabrication Québécoise. 2016

L’École du meuble et de l’ébénisterie fête ses 50 ans en 2016. Pourquoi les jeunes gens, filles et garçons viennent chez nous ? L’intérêt de la nouvelle génération pour l’ébénisterie n’est plus le même dans notre décennie, beaucoup préfèrent les métiers reliés à la technologie informatique. L’école est très bien placée pour répondre à cette demande avec son parc machine à commandes numérique. Certains suivent les cours avec grand intérêt pour devenir ébénistes de plancher spécialisés. D’autres passionnés viennent chercher un rêve d’antan. Une partie de nos étudiants vise une reprise ou une création d’entreprise. Certains se servent de cet enseignement pour rebondir plus tard dans un autre domaine tel que la construction ! L’ébénisterie est un métier connexe !

Le nombre d’étudiants n’est plus le même qu’au début des années 2000 mais elle fonctionne encore très bien et le nombre d’inscriptions est constant ! Un nouveau programme d’ébénisterie devrait voir le jour incessamment. Ce cours d’ébénisterie, remanié et enrichi de méthodes technologiques modernes sera très certainement mieux adapté pour répondre aux mutations que le métier traverse ces dernières années.

Le volet traditionnel n’est pas pour autant abandonné, l’étudiant qui viendra à l’école du meuble trouvera toujours dans ses cours des façons de faire traditionnelles que l’école veut conserver pour le transfert des savoirs, et des savoirs faire de l’Ébénisterie Québécoise. « Nous avons des spécialistes passionnés, capables de montrer le métier comme en 1900 » avec des méthodes ancestrales et des outils manuels, et une démarche permettant la maitrise d’une fabrication entièrement manuelle ! Et c’est dans l’ambiance conviviale reconnue de l’école du meuble de Victoriaville que se produit cette belle complicité, de professeurs passionnés qui permettent de voir la survivance d’un passé dans un environnement ultramoderne, répondant aux besoins d’hier, d’aujourd’hui et de demain !

De Karine Morin, 2005
Je suis rentée à l’École du Meuble parce que je voulais Gosser du bois et faire des petites Bebelles en attendant de savoir quoi faire exactement de ma vie ! Et ; Surprise, j’yai tellement pris goût que j’yai passé quatre ans de ma vie et j’ai réussi à partir avec tous mes meubles pour meubler mon appartement et de très bons souvenirs.

J’ai eu la chance de faire Expo-Meuble trois fois, participer à cet évènement fait partie de mes plus beaux souvenirs mais aussi des plus stressants, rien de plus gratifiant que de faire un meuble de AàZ. J’ai reçu beaucoup d’aide de la part du personnel enseignants et ils m’ont appris tellement de choses que si j’étais capable de tout me souvenir je pourrais écrire une encyclopédie. Bien sûr il y avait des aspects que j’aimais moins, je trouvais certains cours inutiles et les nouvelles normes de sécurité aux machines étaient contraignantes lorsqu’on travaillait.

Mais ce que je veux surtout me souvenir c’est des bons moments je reverrais toujours de la face du prof la première semaine qui avait peur que je lâche par ce que j’avais de la misère avec mon rabot. Mais j’ai pris confiance en moi ce que je n’avais avant de rentrer dans cette école les profs y étaient pour quelque chose dans chaque meuble que j’ai faits il y a un peu de chaque profs en eux, même si je ne travaille pas dans ce domaine comme plusieurs autres de mes amis qui étudiaient avec moi, je n’ai aucun regrets et je serais prête à recommencer !

De Luc Malenfant, 2005
Mes trois années passées dans le cours DEC technique de l’ébénisterie à l’École nationale du meuble de Victoriaville m’ont beaucoup apporté sur le plan humain, j’yai rencontré là, des gens passionnés, des professionnels pointus comme, Jeannot Bourque Alain Guillon, Pierre Groleau, Jean-Pierre Plessix, grâce à eux je suis vraiment tombé dans la marmite, une telle concentration de connaissance professionnelle m’a donné le goût de m’accrocher et d’apprendre les différentes facettes du métier. Ils n’étaient pas seulement passionnés, ils étaient en plus passionnants ! Je conseillerais vivement un jeune qui a vraiment le goût d’apprendre l’ébénisterie, d’aller étudier l’école du meuble de Victoriaville pour la qualité des cours et les profs motivés. De plus les connaissances acquises m’ont permis de sauver énormément d’argent dans ma vie, je n’aurais jamais réussi à faire autant de travaux dans ma maison si je n’avais pas suivi mes cours d’ébénisterie, j’ai fait mes escaliers, toutes les portes et fenêtres de ma maison, la cuisine, les boiseries et tous mes meubles, vu la somme colossale que représente tous ces travaux, jamais je n’aurais été capable de m’acheter une maison comme j’ai aujourd’hui !

En plus j’ai eu la chance inouïe de pouvoir faire un stage de formation en France grâce à la collaboration d’Alain Guillon et de Jean-Pierre Plessix qui ont mis tout en oeuvre pour m’organiser un séjour inoubliable !

Aujourd’hui je suis installé à mon compte dans le bas du fleuve ou je fabrique toutes sortes de meubles, cuisines, escaliers, boiseries, et je suis heureux dans mon métier.

De Patrick Quirion, 1998-2002
L’École du Meuble a été une source d’amitiés durables et un tremplin fabuleux dans ma vie professionnelle. J’yai appris l’utilisation des machines-outils, des outils à commandes numériques, de l’outillage manuel traditionnel et de la sculpture : tout cet apprentissage grâce au dévouement d’enseignants complètement dédiés à leur profession. Tous ces savoirs dans un même lieu, c’est quand même incroyable ! Je suis aujourd’hui restaurateur d’oeuvre d’art et patrimoniale en bois au Centre de conservation du Québec, une direction du ministère de la Culture et des Communications du Québec. Sans exception aucune, je suis redevable à tous les enseignants qui ont su nous transmettre leur savoir et leur passion ! Merci.

Jean-Pierre Plessix est professeur à l’École Nationale du Meuble et de l’Ébénisterie de Victoriaville.